
Trop long à lire
Sorti en 2012 et réalisé par Kirk Jones, Ce qui vous attend si vous attendez un enfant adapte librement le guide de grossesse de Heidi Murkoff. Cette comédie romantique chorale suit cinq couples confrontés à différentes expériences de la parentalité, avec Cameron Diaz, Jennifer Lopez et Elizabeth Banks en têtes d’affiche. D’une durée de 110 minutes, le film a généré environ 84 millions de dollars pour un budget estimé à 40 millions. Accueilli fraîchement par la critique mais apprécié du public, il propose un divertissement léger, parfois inégal, mais porté par quelques performances sincères et efficaces.
Une comédie romantique sur la maternité : pari audacieux ou produit formaté ?
Sorti en 2012, Ce qui vous attend si vous attendez un enfant (titre original : What to Expect When You’re Expecting) est réalisé par Kirk Jones. Adapté librement du célèbre guide de grossesse de Heidi Murkoff, le film se présente comme une comédie romantique chorale explorant la grossesse à travers plusieurs couples aux profils variés.
Avec une durée de 110 minutes, un budget estimé à environ 40 millions de dollars et un box-office mondial avoisinant les 84 millions, le film n’a pas été un triomphe critique, mais il a trouvé son public. Sa promesse : démystifier la maternité à coups de situations comiques, de tranches de vie et de leçons sentimentales.
Reste à savoir si l’adaptation d’un guide pratique en fiction cinématographique relevait du coup marketing opportuniste ou d’un véritable projet narratif.
Adapter un guide pratique : une idée improbable devenue comédie hollywoodienne
Adapter un manuel de conseils médicaux en film de fiction est un défi conceptuel. Le best-seller de Heidi Murkoff, référence internationale pour les futurs parents, ne propose ni intrigue ni personnages. Le scénario opte donc pour une structure chorale reliant cinq couples confrontés à des expériences différentes de la parentalité.
Le film choisit la multiplication des points de vue : grossesse inattendue, adoption internationale, complications médicales, désir d’enfant contrarié. Cette approche permet d’élargir le spectre des situations et d’embrasser une diversité de vécus.
Cependant, cette fragmentation narrative engendre aussi un risque de superficialité. À vouloir tout couvrir, le film survole parfois ses propres enjeux.
Une distribution cinq étoiles pour une comédie grand public
L’un des atouts majeurs du film réside dans son casting. Cameron Diaz incarne une animatrice fitness confrontée à une grossesse médiatisée. Jennifer Lopez joue une photographe adoptant un enfant à l’étranger. Elizabeth Banks campe une future mère dépassée par la réalité physique de la grossesse. Anna Kendrick, dans un registre plus discret, incarne une grossesse inattendue issue d’une rivalité scolaire devenue romance.
À leurs côtés, Dennis Quaid et Chris Rock apportent une dimension comique masculine, notamment à travers un groupe de pères décomplexés arpentant les rues avec leurs bébés.
Ce casting impressionnant fonctionne comme moteur commercial évident. Mais au-delà de l’argument marketing, certaines performances méritent une attention critique.
Cameron Diaz et Jennifer Lopez : deux visions contrastées de la maternité
Cameron Diaz incarne une célébrité habituée au contrôle de son image, confrontée à la perte de maîtrise que représente la grossesse. Son personnage permet au film de tourner en dérision les idéaux irréalistes de perfection corporelle.
Jennifer Lopez, de son côté, offre un registre plus sentimental. Son arc narratif autour de l’adoption internationale apporte une dimension plus sérieuse, bien que traitée avec retenue.
Ces deux trajectoires illustrent deux facettes modernes de la maternité : l’exposition médiatique et le parcours administratif complexe. Si le traitement reste léger, le film effleure des problématiques bien réelles.
Elizabeth Banks : l’anti-cliché le plus crédible du film
C’est probablement Elizabeth Banks qui livre la performance la plus marquante. Son personnage déconstruit le mythe de la grossesse épanouissante en montrant les douleurs, les frustrations et la fatigue.
Là où d’autres intrigues privilégient le glamour, la sienne injecte une vérité plus crue. Cette sincérité apporte au film une dimension presque subversive dans un genre souvent édulcoré.
Son interprétation équilibre humour physique et émotion authentique, offrant l’un des rares moments où le film dépasse la simple mécanique romantique.
Une mise en scène efficace mais sans audace
Kirk Jones opte pour une réalisation fonctionnelle. La caméra reste discrète, le montage fluide, la photographie lumineuse. Rien ne choque, mais rien ne surprend véritablement.
La structure chorale, héritée de comédies romantiques à succès des années 2000, repose sur des transitions rythmiques et une musique omniprésente. L’ensemble fonctionne comme un produit hollywoodien maîtrisé.
Cependant, l’absence de prise de risque esthétique empêche le film d’atteindre une dimension cinématographique plus ambitieuse.
Les hommes dans le récit : caricature ou complément ?
Le groupe de pères mené par Chris Rock apporte une tonalité comique distincte. Leur approche décomplexée de la parentalité sert de contrepoint aux angoisses féminines.
Si certains gags flirtent avec la caricature, le film propose néanmoins une vision relativement moderne du rôle paternel. Les hommes ne sont pas relégués au second plan : ils participent activement aux questionnements et aux doutes.
Ce choix participe à l’équilibre général du récit, même si le traitement reste majoritairement humoristique.
Réception critique : un accueil mitigé
À sa sortie en 2012, le film reçoit un accueil critique mitigé. Sur Rotten Tomatoes, le taux d’approbation critique avoisine les 23 %, reflétant des reproches récurrents : scénario trop dispersé, humour inégal, manque de profondeur.
Le public, en revanche, se montre plus indulgent. Le box-office mondial atteint environ 84 millions de dollars, dépassant le budget de production estimé à 40 millions.
Cette différence entre réception critique et succès commercial illustre la capacité du film à séduire un public en quête de divertissement léger.
Une comédie révélatrice des années 2010
Le film s’inscrit dans une vague de comédies romantiques chorales qui dominaient le début des années 2010. À l’image d’autres productions de l’époque, il privilégie la multiplicité des intrigues et la starisation du casting.
Il reflète également une période où Hollywood explorait davantage les thématiques familiales sous un angle accessible et consensuel.
Si le film ne révolutionne pas le genre, il témoigne d’une évolution des représentations de la maternité au cinéma grand public.
Verdict final : divertissement calibré, sincérité intermittente
Ce qui vous attend si vous attendez un enfant n’est ni une grande réussite artistique ni un échec total. C’est une comédie romantique chorale efficace, portée par un casting solide et quelques performances remarquables, notamment celle d’Elizabeth Banks.
Son principal défaut réside dans sa dispersion narrative et son manque d’audace formelle. Son atout majeur : sa capacité à aborder la grossesse sous différents angles, avec humour et une dose mesurée d’émotion.
Une comédie agréable mais inégale, reflet typique du cinéma hollywoodien grand public des années 2010.
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